Jean's profilemon pèrePhotosBlogLists Tools Help

Ray Banana

famille  
Photo 1 of 37

mon père

"que ton âme soit tressée dans l'écheveau de la vie"
March 12

écoute, papa...

Image Hosted by ImageShack.us

לא אמור קדיש על קברך, אבא, כי אני לא מאמין בדברים כאלה. גם אתה לא אגב.

אבל אגיד דבריי בעברית כפי שאהבת לשמוע אותי פעם.

נראה לי יותר מתאים לדמותך. יהודי היסטורי, ניצול השואה, לוחם נגד הבהמה

ושאר הזמן, איש ישר אשר הצדק נר לרגליו.

הקמת בית חם ביושר, אהבת את אשתך, גידלת ילדים ברוח התחשבות לזולת.

את ההורים כבדת, לא רצחת, לא נאפת, לא גנבת, לא שיקרת, אפילו לשאת לשוא שם הקדוש ברוך הוא לא עשית.

יהודי כשר לכל דבר אתה שהקפדת לנהוג בהתאם לעשרת הדיברות.

הנה ראו החילוני השומר מצוות.

הנה ראו הצאצא של שלומה הכהן, החלוץ שהקים עוד במאה התשע עשרה תחנת הקמח הראשונה מחוץ לחומות של העיר העתיקה בירושליים.

הנה ראו הנכד של נח יהושוע שהוסיף בעקבות אביו לתרום למולדת ההיסטורית של העם היהודי.

הנה ראו הבן של פיליפ ודבורה שברחו מגהינום הפוגרומים כדי להגיע לזוועת השואה.

      כפי שאמרו לגבי עוד יהודי מפורסם.  ecce homo הנה הבן אדם

אתה בטח טעית איפהשהוא. יסלחו לך כי טעית פחות מאחרים, החל מהבן שלך.

בתך נשאה לעוד בן אדם ישר, מזה שני נכדים נולדו ומאחד מהם, עוד שלושה צאצאים נולדו, מירים, נתן ושרה הקטנה.

עשית את שלך, אבא.

ואתה, עובר אורח שמשוטט מסביב, תרכון לאיש מופת.

 

Je ne dirai pas le Kadish sur ta tombe, papa, car je ne crois pas en ces choses là, toi non plus d'ailleurs, mais je les dirai en hébreu comme tu aimais me l'entendre faire autrefois. Cela me semble plus conforme à ton personnage de juif historique, survivant de la shoah, combattant de la bête et le reste du temps homme droit dont la justice a guidé les pas.

Tu as édifié un foyer chaleureux dans la droiture, aimé ta femme, élevé tes enfants dans le respect du prochain. Tu as honoré ton père et ta mère, tu n'as pas tué, pas trahi, pas volé, pas trompé, jusqu'au nom de Dieu qu'on ne t'a jamais entendu évoquer en vain. Juif conforme en tous points, toi qui respecta les dix commandements.

Voyez le séculier plus régulier qu'un prêtre!

Voyez le descendant de Shlomo Hacohen, le pionnier qui édifia au dix neuvième siècle le premier moulin en dehors des murs de la vieille ville à Jerusalem.

Voyez le petit fils de Noah Yehoshoua qui continua dans les pas du père à édifier la patrie historique du peuple juif.

Voyez le fils de Philippe et Déborah qui fuyèrent l'enfer des pogromes pour tomber dans celui de la shoah.

Voici l'Homme, ecce homo, comme il fut dit à propos d'un autre juif célèbre.

Tu as bien dû te tromper quelque part...Il te sera beaucoup pardonné car tu t'es trompé moins que les autres, à commencer par ton fils.

Ta fille a épousé un autre homme droit, de quoi naquirent deux petits enfants et d'un d'entre eux, trois arrière petits enfants. Miriam, Nathan et la petite Sarah.

Tu as fait ta part, papa.

Et toi, le passant qui erre dans ces allées, incline toi devant l'exemple.

 

 

זאן מילנר ז''ל      ט' בסיון תרפ''ג 5683      ד' באדר תשס''ה 5765

 תנצב''ה      תיהי נשמתך צרורה בצרור החיים

Jean Milner      24 mai 1923          14 fevrier 2005

louée soit ta mémoire, que ton âme soit tressée dans l'écheveau de la vie.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Merci à vous tous

 

March 11

Papa

Image Hosted by ImageShack.us 

Papa est mort....

Je te revois mon vieux papa, tendre et chaud venir me border en me disant "c'est papa, c'est ton meilleur ami"..Longtemps après que tu aies quitté la pièce, la chaleur de tes mots flottaient encore dans la pénombre avant de laisser aux rêves la charge du repos.

Que de belles années nous avons passé. Nous mangions avec appétit, dormions fatigués, travaillions dans l'espoir et nous aimions sans le dire. Rien, de l'amour qui donne une raison de vivre ne m'a manqué venant de toi. Et moi qui te croyais indestructible. Tu as été sur tous les points meilleur que moi. Louée soit ta mémoire, que ton âme soit tressée dans l'écheveau de la vie, Homme droit dont la justice a guidé les pas. Tu es mort ce 13 février, jour de mon anniversaire comme pour m'aider à ne pas oublier ce que je te dois.

Que j'ai été ingrat! Je sais que contrairement à ce que tu disais toujours je ne suis pas un bon fils. Je vais maintenant rentrer dans les souvenirs obsédants. Non papa, je n'ai pas été un bon fils. Je peux mentir au monde entier mais je ne peux pas me mentir à moi même, sinon ça veut dire quoi "soi-même"...
Je suis trop longtemps resté avec mes certitudes infécondes et maintenant c'est trop tard. je ne laisserai aucun fils derrière moi, même pas un de la pire espèce qui croit tout savoir et qui ne sait rien...
Je lirai sur ta tombe ce passage de l'ecclésiaste qui dit qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil et que le vent reprend ses tours…Je le lirai en hébreu mais cette fois je ne pourrais plus te serrer dans mes bras comme ce jour de 1981 à Jérusalem.

Je t'écrirai des lettres que tu ne liras pas. Je chercherai en vain dans les albums rouillés les moments du bonheur qui s'ignore…J'en viendrai à regretter ces griefs imbéciles que je t'adressais constamment  quand ton visage de vieillard impassible semblait attendre qu'enfin je grandisse.. Alors, ton souffle t'animait …

Je resterai seul avec la certitude du dernier mot.

C'est trop tard…

Le maquis de Salvezines

http://maquisdesalvezines.free.fr/

 

Le maquis FTP Jean-Robert Faïta

Les camarades

Le lieutenant Paul Swank et les soldats américains

à la mémoire du lieutenant de l'armée des Etats Unis d'Amérique

Paul Swank, parachuté le 11 aout 1944 sur le maquis de Salvezines

avec son groupe, tué dans les gorges d'Alet (Aude) le 17 aout 1944

à 24 ans.

 

pardonne-moi, papa

 

Où es-tu papa? tu m'entends?

Tu m'as laissé tout seul et maintenant je sais pas où je vais.... je ne parle à personne.

Quand tu étais là, je sortais de moi-même pour te regarder être encore avec moi en me disant qu'un jour tu serais plus là pour m'entendre. Alors j'essayais de te parler mais c'était pire que si je ne disais rien... C'était comme une spirale qui descend. La dernière fois que je t'ai vu me sourire, c'était dans la cuisine. Je pourrai pas oublier ton visage, défiguré par la maladie mais qui tentait de sourire et moi je suis resté impassible. .Je ne ferais pas ça à mon pire ennemi, alors pourquoi je te l'ai fait à toi?

j'ai que Dieu à qui parler et je crois pas en Dieu...

Pardonne moi, papa.. Il faut que tu m'entendes.

La dernière fois que je t'ai parlé...Je ne veux plus me rappeler de ce que je t'ai dit.... Ca me fait trop de mal. J'ai juste vu ton regard dans le vague qui traversait les murs. Tu as du souvent le regarder de cette façon le monde avec ce qu'il t'a fait. Alors pourquoi il a fallu que ce soit moi, ton fils , qui le dernier t'ait fait la même chose....

"C'est pas grave.. Joujalè, il a eu de la chance" ...Tu répétais tout le temps...

Il a eu de la chance Joujalè, parce qu'on l'a pas massacré à dix sept ans? il fallait bien qu'il t'aient tué d'une façon ou d'une autre pour que tu parles de toi à la troisième personne, comme si c'était quelqu'un d'autre... Soixante ans après, tu criais encore dans tes cauchemars....Un jour il a fallu que je te ramasse, tu n'arrivais même plus à remonter sur le lit... "c'est pas grave, Joujalè il a eu de la chance..."

Non papa, c'est pas de la chance ça...Moi j'ai eu de la chance et j'en ai rien fait...Pourquoi il a fallu que ce soit toi qui te vide au milieu de la nuit, à plus pouvoir bouger.... Pourquoi il a fallu que tu sois attaqué par quatre maladies en même temps...Mais qu'est ce qui va leur arriver aux salauds si ça t'arrive à toi...Mais c'est qui ce Dieu qui te pissait dessus tous les matins?

Pardonne moi, papa. Tu l'as pas mérité. Tu n'as rien mérité de ce qui t'es arrivé de mauvais dans ta vie.

C'est quoi le bilan de tout ça? Je n'arrive même plus à pleurer.

בתי מילנר בירושלים

Document 1: Les maisons "Milner"

 

Traduit de l'hébreu par Philippe Milner, du livre de Yeoshoua Ben Arieh: "La Ville dans le miroir" : la nouvelle Jérusalem à ses débuts. pages 264 et 265.

Photos jointes à l'article: 5 photos de la collection Lehman. Dans la légende qui accompagne le cliché, Milner est écrit en yiddisch et non en hébreu.

 

Texte:

Agrandissement supplémentaire de Mea Shearim: les maisons "Milner", "Even Yehoshoua" et les maisons "Varsovie".

Quartier proche des "maisons hongroises" qui fut construit lui aussi en 5652 (1892), à peu près en même temps, plus connu sous le nom de "Maisons Milner".

Sur ce quartier, également connu comme "l'union de Shlomo", Greibsky écrit:

"De nombreux quartiers à l'extérieur des murs de la ville furent construits par "l'union pour l'agrandissement de l'Implantation"(1). A coté de cela, des particuliers qui construisirent sur leurs fonds propres des quartiers d'habitation et aidèrent ainsi nombre de familles à acquérir leur foyer à des conditions de paiement abordables. L'un d'entre eux, Shlomo Milner édifia en 5652 le quartier "l'union de Shlomo" qui comptait 35 appartements, à coté des "maisons des hongrois".

Shlomo Milner, visionnaire  et entrepreneur hardi, faisait partie des pionniers de l'industrie et de la construction. Qui, des anciens de Jérusalem et de ses habitants, ne se souvient pas de Shlomo Milner, quand il arriva de Roumanie avec de l'argent pour construire et entreprendre; qui émerveilla les habitants par ses talents et l'envergure de son imagination. La grande minoterie qu'il édifia sur ce grand terrain désert non loin des maisons "Wittenberg". Il y avait là de la révolte contre l'ancien comme il le disait lui-même: "pendant dix ans, pas le moindre cheval au moulin! C'est la vapeur qui doit travailler et servir l'homme.." Et tout ceux qui se souviennent de Jérusalem d'il y a un jubilé (2) mesurera la hardiesse d'alors…Construire une telle minoterie, avec des machines modernes et les innovations techniques. L'immense cheminée qui se dressait vers les cieux dans cette implantation jeune et nouvelle, en dehors des murs de la ville. C'était comme une forteresse, annonciatrice d'une ère nouvelle pour la ville ancienne-nouvelle (3). Comme un "miracle pour les gentils". Ici, les juifs construisent la nouvelle Jérusalem. On n'est pas venu ici pour mourir  mais au contraire pour construire et s'édifier, vivre et ramener à la vie. Ainsi le voyait-il… A proximité, il bâtit le nouveau quartier connu jusqu'à aujourd'hui sous le nom des "maisons Milner". (emplacement des maisons "Milner", voir carte page 261)

 

NdT

(1)     Implantation avec une majuscule car jusqu'à 1948, ce terme (hayishouv) désignait l'ensemble de l'implantation juive en Palestine et pas seulement telle ou telle. On dirait aujourd'hui Israël.

(2)     50 ans. Aujourd'hui, plus d'un siècle.

(3)     Sûrement une allusion de l'auteur au livre de Herzl "Alt-Neu Land" Le pays nouveau-ancien, en parlant d'Israël à venir.

 

Document 2: Shlomo Hacohen Milner

 

Traduit de l'hébreu par Philippe Milner. "Encyclopédie des pionniers de l'Implantation" de David Tavher. pages 870 et 871.

 

Texte:

Shlomo Hacohen Milner

Né à Radowice, Bukovine (Alors Autriche-Hongrie) en 5597 (1837), fils de Yehuda. Elève de yeshiva, a appris le métier de meunier avant de devenir directeur des minoteries d'un noble propriétaire à Radowice. En 5641 (1) il fut influencé par les idées des "Amants de Sion" et envisagea d'émigrer en Israël quand il devait déjà porter la charge d'une famille de dix personnes. Sa femme s'y opposa deux ans durant avant que la décision ne soit prise, sur les conseil du rabbin de Chtipagchet (2)(Moldavie), de faire d'abord le voyage avec son fils aîné arrivé à l'age de la conscription et de faire venir par la suite de reste de la maisonnée, s'il se trouvait en Israël de quoi vivre.

Au mois de Av, 5643 (1883) il arriva avec l'aîné, trouva du travail comme paysan à la colonie de Har Tov. La communauté des fondateurs promit à tous les établis du terrain, des moyens et un soutien vivrier jusqu'à la récolte. Il repartit seul chercher sa famille ainsi que le jeune Yekoutiel Segel, un proche de la famille de sa femme, qui voulait se soustraire aux obligations militaires. Un mercredi du mois de Tvat 5644 (3), ils arrivèrent à Jaffa, rejoignirent Har Tov et commencèrent à travailler.

Quand il apprit que la communauté fondatrice était en réalité une communauté missionnaire, et que le directeur  apprit qu'il envoyait son fils Noah à Jérusalem acquérir une éducation juive, un conflit éclata entre les deux. Il abandonna les champs ensemencés et alla à Jérusalem avec sa famille, dénué de tout. Là, il commença à travailler dans son métier à petite échelle. Il acheta de petites quantités de blé  qu'il travailla de façon inusitée dans le pays jusqu'alors. il lava le blé pour le laisser sécher ensuite sur des nattes de paille tressée. Il le mousait ensuite dans des meules arabes mues par un cheval aveuglé (un sac par jour), confectionna des tamis à partir de peaux parcheminées qu'il acheta à un calligraphe et sélectionna ainsi la mouture la plus fine. Sa femme vendait la petite production dont ils tiraient de quoi vivre dans l'indigence.

Quand ses voisins arabes, des marchands de parfum prospères de la vieille ville, virent les améliorations qu'il avait développé, ils lui proposèrent une association pour faire les choses en grand. Sans avoir appris à l'école le dessin industriel, il conçu les instruments qu'il fit faire par Avraham Tsfati, commanda à un négociant français installé en Egypte des pierres de meule (avant cela on n'utilisait dans le pays que des pierres locales) et édifia le premier moulin  au faîte de la technique à l'époque. (Quatre chevaux tournant en mouvement croisé).

Il quitta ses associés arabes quand, après dix mois, il s'avéra qu'ils ne faisaient que profiter de son savoir faire, le trompaient et le spoliait de son dû. Il entra en association avec Yaakov Goldman, Yehuda Arieh Horwitz (Yodel Meller), Ytzhak Hirschensohn et Ytzhak Hevroni. Ils lancèrent une boulangerie industrielle de matsot mais l'affaire ne réussit pas.

Devant cet échec dans l'industrie, il retourna à l'agriculture. A l'hiver 5647 (1887), il  alla plaider sa cause auprès des bureaux du Baron Rotschild, à Paris pour qu'ils le prenne comme cultivateur dans une des colonies. Le rabbin Tzadok Hacohen et Elihaou Scheid lui promirent une terre dès qu'il y en aurait une de disponible dans une des colonies et Tzadok lui donna en attendant un viatique de deux cent francs pour rentrer à Jérusalem, plus les frais.

A son retour, il fut engagé pour un salaire raisonnable par le banquier Bernheim et ses associés pour mettre en place et diriger une minoterie à vapeur non loin de la porte de Shcem (4). Il acquit le monopole du commerce de la farine avec les magasins que dirigeait sa femme (5) et avec le temps avec d'autres succursales. Il fit fortune.

En 5652 (1892), il acheta un vaste terrain non loin des maisons "hungarein" entre Mea Shearim et Beit Israël. Il s'y fit construire une maison ainsi qu'un lotissement de 35 logements avec chambre et cuisine pour chacun. Ce lotissement qu'il appela "l'union de Shlomo" est aujourd'hui connu sous le nom de "Maisons Milner". Il les vendit à des pauvres, à tempéraments abordables. Il consacra une pièce aux visiteurs et une autre aux indigents, aux malades et aux autres démunis. Dans le même temps, il acheta une propriété près de la tombe de Rachel et la revendit en parcelles à des conditions avantageuses pour y bâtir un quartier d'habitations.

La même année, il entra en association avec le banquier Haïm Aharon Valeiro et avec le grec Petrus Padriadès pour fonder une minoterie à vapeur et une distillerie pour produire de l'alcool de figues et de raisins secs, à coté des maisons "Wittenberg", non loin de l'école "Lemel". Il devait y consacrer le quart de sa fortune mais son argent étant investi dans des terrains et des habitations il hypothéqua son bien foncier au profit de Valeiro à hauteur de sa part dans l'affaire. Il voyagea en Europe, à Vienne et à Budapest, pour acquérir les machines et faire venir les techniciens pour leur assemblage, ramena d'Egypte un technicien spécialisé en chaufferie et en maintenance en attendant que des ouvriers juifs apprennent la profession, quant à la distillerie, il appela un certain Rozin, spécialiste en la matière. (Le père de l'horloger Rozin de Jaffa et du professeur Rozin de Rishon Letzion)

L'activité de la distillerie commença par un accident meurtrier. Suite à une surpression dans l'alambic, celui-ci explosa. Rozin fut gravement brûlé et mourut de ses blessures. Deux ouvriers, un juif et un arabe, furent également brûlés mais guérirent.

L'affaire marchait bien mais les concussions incessantes des fonctionnaires de l'administration turque les obligèrent à cesser l'activité.

La minoterie industrielle marchait bien aussi mais à la suite d'un différent avec ses associés au sujet du pro rata des bénéfices, son patrimoine foncier passa dans l'escarcelle de Valeiro, par décision du tribunal. Il reçut 400 livres et quitta l'association.

En 5658 (1898), il édifia de nouveaux moulins  dans le quartier de Zikaron Toubiah équipés d'un moteur à gaz sorti des ateliers Stein à Jaffa. Par deux fois, il dut surseoir au démarrage de l'entreprise à cause d'explosion dans la machine, assez rudimentaire par ailleurs. Il emprunta de l'argent à la société "Yeka" par l'intermédiaire d'Albert Antavi contre caution sur les machines et finalement, les moulins commencèrent à moudre jusqu'à ce que l'opposition des habitants du quartier eut raison de l'affaire (6). Les machines devinrent propriété de l'école professionnelle de la société "Kiah";

Il termina sa vie sans patrimoine et vécu dans son grand âge de l'épicerie que tenait sa femme en se consacrant à l'étude de la thora.

Il mourut à Jérusalem au mois de Sivan 5668 (1908).

Descendants: David, Shmuel, Na'aka, Sarah, Noah, Yehoshoua.

 

 

NdT

(1)     1881. Toutes les dates n'apparaissent pas avec leur correspondance dans le calendrier chrétien dans le texte. Le calendrier hébraïque, en décalage de 3760 années avant le datage courant (étalonnage erroné à partir de la création du monde), est exprimé par des lettres et non des chiffres. Par exemple, 5641 s'écrit en hébreu: tav, resh, mem, alef, ce qui correspond en gimatria simple à 641, les cinq mille années précédentes étant négligées dans la transcription, ce qui ne serait gênant que pour une période d'incertitude supérieure à mille ans. Dans ce cas, mieux vaut se fier au carbone 14…

(2)     L'hébreu n'utilisant pas les voyelles, il est difficile de transcrire un nom propre non identifié comme c'est le cas ici. Au surplus, le "p" pouvant être un "f" dans l'alphabet hébraïque, la seule information sûre sur le nom du lieu est "chtpgcht", à moins qu'il ne s'agisse de "chtfgcht"… Voir carte très détaillée de la Moldavie…

(3)     1884, normalement…L'année hébraïque commençant vers fin septembre et ne comptant que 355 jours (la valeur numérique exacte du mot hébreu shana -année- en gimatria simple), un treizième mois est ajouté tous les quatre ans pour faire bonne mesure par rapport à l'écliptique. De plus 5644, écrit tav, resh, mem, guimel, (644, voir note 1) se décompose en 400 plus 200 plus 40 plus 4. Quand une date se termine par le chiffre 15 (10 plus 5, rappel) cela devrait s'écrire iod, alef en hébreu. Or iod alef est une des multiples façon d'écrire le nom de D…, présent partout, nommé nulle part. On écrit donc têt, vav,  respectivement 9 et 6 qui font 15, comme chacun sait. Il s'agit toujours de la gimatria simple (rappel

(4)     Shcem, capitale de la Samarie (Naplouse). La porte de Shcem est une des portes de la vieille ville de Jérusalem, à l'entrée du quartier arabe.

(5)     Il n'apparaît pas clairement dans le texte s'il s'agit de la femme de Shlomo Milner ou de celle du banquier Bernheim. La logique voudrait qu'il s'agisse plutôt de la deuxième.

(6)     Le texte n'en précise pas la raison. Peut-être le danger d'explosion…

 

Document 3: Noah Yehoshoua Milner

 

Traduit de l'hébreu par Philippe Milner. Même ouvrage, page 874 et 875.

 

Texte:

Noah Yehoshoua Milner

Né à Radowice, Bukovine, en 5635 (1875), fils de Shlomo Hacohen Milner, directeur d'un grande minoterie à Radowice, ensuite pionnier de cette industrie à Jérusalem et fondateur du quartier "L'union de Shlomo" ou "les maisons Milner".

A neuf ans, émigra en Israël le quatrième jour du mois de Tvat 5644 (2 janvier 1884) avec ses parents et les membres de sa famille, en tout 10 personnes. Son père, qui l'avait précédé, reçut des terres dans la colonie de Har Tov et l'envoya étudier  auprès de Moshe Friedless puis auprès de Yekoutiel Segel, arrivé avec son père en Israël. Finalement, son père l'envoya étudier à Jérusalem auprès du maître  Zeidel Sofer. Quand il apparut à son père que la société de recours de la colonie de Har Tov voulaient convertir ses membres à la foi chrétienne, il abandonna son lopin et partit avec sa famille à Jérusalem, sans avoir. Ce fut une période de disette. Noah fut envoyé étudier à l'école "Lemel", sous la férule du Docteur Zeev Herzberg mais les "zélotes" (1) du voisinage –des maisons Hungaren- avec à leur tête le rabbin Benyamin Stammper (le père de Yehoshoua Stammper, un des fondateurs de Petakh Tikwah) firent pression pendant six mois sur son père, lui interdirent l'accès à la thora et à l'autel (2) et finalement le père du retirer le fils comme conséquence du boycott des orthodoxes pour l'envoyer au "heder" de Zerah Rakover, maître émérite, puis à la yeshiva.

Il épousa Liba Rachel fille de Yehouda Arieh Horwitz (connu sous le nom de Yodel Meller, auparavant associé à son père dans une affaire de boulangerie industrielle qui connut la faillite). Il travailla comme aide-comptable dans la minoterie que dirigeait son père.

Quand son beau père s'en revint d'une visite à Tibériade, il lui parla de ces blés noirs (qui non lavés confèrent au pain une teinte bleuâtre et dont on fait les grains de bourgoul, reliquat (3) du tamisage fait à la main par des femmes à l'aide de peaux mégissées) et qui se vendent à Tzfat (4) à vil prix. Il y vit l'occasion de faire des affaires. Il démissionna de son travail chez son père et, avec la dot et le beau-père, achetèrent des machines et fondèrent, à Tzfat, une industrie du granulat. Mais ces blés n'étaient disponibles sur le marché que deux mois après le battage et ils durent abandonner, la matière venant à manquer.

Il déménagea à Jaffa et ouvrit un négoce de gros en épicerie (5) au marché "Eldar". Il s'associa en 5658 (1898) avec Yaakov Moshe Assiskowitch et Eliyahou Aharon Kahana plus quelques autres pour fonder un "bureau de fraternité", ainsi qu'un lotissement du même nom près de Newe Tzedek. Il participa à la fondation de "achnasat orhim" (6), visite aux malades et couchage de charité ainsi que l'école religieuse nationale.

Le 15ème jour (7) du mois d'Eloul de l'an 5668 (11 septembre 1908) mourut sa femme à Jaffa après lui avoir donné trois filles et deux garçons. En 5670 (1910), il épousa Haïa Rachel, veuve de Menahem Mendel Nahumovsky, un des fondateurs de la colonie de Hadera. Il alla y vivre avec sa femme dont il administra l'affaire de commerce général. Il fit partie des entrepreneurs dévoués à la cause de l'éducation orthodoxe, un des fondateurs de la banque coopérative des paysans de la colonie et membre de son conseil. Il assuma les responsabilités difficiles de chef de la colonie pendant la première guerre mondiale et aida les jeunes gens qui fuyait le service armé ou "les bataillons du travail" dans la zone du front (8) ainsi que les détenus où les personnes chassées de Jaffa et de Tel Aviv, défendant en cela les intérêts de la colonie face aux autorités. Il continua après la guerre à se consacrer au bien public sans ostentation.

Mort à Tel Aviv, le sixième jour du mois de Nissan 5697 (18 mars 1937) et porté en terre à Hadera.

Descendants (de sa première femme): Yefet, Ahitov, Malka (épouse de David Noubik), Léa (épouse de Ephraïm Wizler), Avigail (épouse de Reuven Gordon).

De sa seconde femme: Sarah (épouse de Yehiel Novikov)

 

 

(1)     Littéralement les fanatiques. Des orthodoxes radicaux sûrement. J'ai traduit par "zélotes" quand le terme hébreu est le même pour désigner la secte juive qui se coupa du reste de la population et prit les armes contre Titus, au premier siècle après Jésus Christ.

(2)     La partie surélevée à la synagogue ou les "cohanim" –les ministres du culte- ont accès aux textes.

(3)     Reliquat et non produit, comme le faisait son père en foi de l'article précédent…

(4)     Safed, en Galilée. Centre rabbinique réputé par ailleurs.

(5)     Des biens de consommations courantes. Littéralement "les besoins du public".

(6)     Le même mot –hè caf noun samekh tav- signifie "introduction" ou "rentrée d'argent" dans un complément de nom avec le deuxième mot –orhim- qui signifie "invités". il s'agirait d'un lieu où on reçoit les gens de passage. Mais le même mot signifie aussi "la synagogue" sans qu'il soit possible, en carence de voyelles, de déterminer lequel des deux est le bon. Comme dans tous les cas d'homographie, seul le contexte permet de trancher. Ici, non. J'ai donc laissé la phonétique latine.

(7)     têt, vav, neuf et six, quinze. Illustration d'une note précédente.

(8)     Vraisemblablement au service de l'Empire Ottoman.

 

 

 

March 10

les verbes

La notation académique des groupes de verbes

et leurs variantes

 

Explication du nom des groupes de verbes.

pa'al, pi'el, hif'il, nif'al, hitpa'el

On a vu que les racines hébraïques comptent généralement trois lettres. La méthode adoptée ici pour la notation des racines génériques est la suivante:

√□□□

                                         3   2   1

1: 1ère radicale

2: 2ème radicale

3: 3ème radicale

D'autre part, le mot verbe en hébreu est פועל (po'al) dont la racine est: √פעל

Le nom des groupes (pa'al, pi'el, etc...) correspond à la prononciation qu'aurait un verbe formé à partir de la racine פעל dans chacun des groupes si le verbe était conjugué à la troisième personne du masculin singulier au passé.

C'est une convention communément admise qui permet d'identifier les groupes.

Voici un tableau récapitulatif qui illustre ce principe:

 

prononciation

forme conjuguée avec racine √פעל

forme conjuguée

3ème pers. masc.sing.passé

infinitif

racine

pa'al

פעל

000

ל00ו0

000

pi'el

פיעל

00'0

ל000

000

hif'il

הפעיל

ה00י0

לה00י0

000

nif'al

נפעל

נ000

לה000

000

hitpa'el

התפעל

הת000

להת000

000

 

On a donc

 √□□□

           3      2     1

1ère  radicale: פ

2ème radicale: ע

3ème radicale: ל

Ainsi, les dénominations académiques concernant les groupes de verbes et leurs variantes deviennent compréhensibles.

חסר פ נ (hasser pè-noun) signifie que la lettre נ (noun) en première radicale est manquante.

ע גרונית ('aïn gronit) signifie que la deuxième radicale est gutturale.

  לה(lamed-hè) signifie que la troisième radicale est un ה.

la fonction nif'al

 

La fonction nif'al

 

La fonction de l'action liée au nif'al est très facile à décrire après celle du pa'al, c'est la même action au passif.

manger devient être mangé

écrire devient être écrit

voir devient être vu, c'est à dire sembler

etc...

le modèle générique du nif'al est le suivant:

 

 

□□□נ

□□□לה

√□□□

sonorité (voyelles)

i, a

é, i, a, è

 

 

prenons à titre d'exemples quelques racines déjà vues au pa'al. Elle donnent au nif'al:

 

être ecrit

נכתב

להכתב

√כתב

être mangé

נאכל

להאכל

√אכל

être terminé

נגמר

להגמר

√גמר

être fermé

נסגר

להסגר

√סגר

être allumé

נדלק

להדלק

√דלק

 

Remarques:

1/ Seuls les verbes transitifs qui admettent un complément d'objet direct trouvent une acception au passif puisque le passif interverti sujet et objet.

Le chat mange la souris devient la souris est mangée par le chat.

Le verbe marcher n'a pas de forme nif'al, pas plus que le verbe marcher en français qui n'accepte aucun passif.

 

verbe transitif

פועל יוצא

verbe intransitif

פועל עומד

2/ Pas de racines à quatre lettres au nif'al

 

la fonction hif'il

La fonction hif'il

 

Une racine incorporée dans le modèle hif'il traduit une action transposée, ou déléguée, ou inductive, ou indirecte.

Le sujet ne fait plus l'action directement mais la fait faire.

L'action au hif'il peut être généralement traduite en français par le verbe faire suivi d'un autre verbe à l'infinitif:

faire écrire, c'est à dire dicter

faire voir, c'est à dire montrer

faire travailler, c'est à dire employer

 

Le modèle de base générique du hif'il est le suivant:

 

forme conjuguée

infinitif

racine

מ00י0

לה00י0

√000

 

Quelques racines déjà vues au pa'al et au nif'al:

 

faire écrire, dicter

מכתיב

להכתיב

√כתב

faire porter un vêtement, habiller

מלביש

להלביש

√לבש

faire travailler, employer

מעביד

להעביד

√עבד

allumer

מדליק

להדליק

√דלק

faire manger, nourrir

מאכיל

להאכיל

√אכל

 

Souvent, le hif'il sert à former des verbes plus aisément traduits en français par "rendre" suivi d'un adjectif.

rendre grand, c'est à dire agrandir

rendre large, élargir

rendre blanc, blanchir

etc....

exemples:

sens

forme conjuguée

infinitif

racine

 

agrandir

מגדיל

להגדיל

√גדל

rapetisser

מקטין

להקטין

√קטנ

élargir

מרחיב

להרחיב

√רחב

allonger

מאריך

להאריך

√ארכ

blanchir

מלבין

להלבין

√לבנ

noircir

משחיר

להשחיר

√שחר

augmenter

מגביר

להגביר

√גבר

abaisser

מנמיך

להנמיך

√נמכ

éclaircir

מבהיר

להבהיר

√בהר

jaunir

מצהיב

להצהיב

√צהב

 

la fonction hitpa'el

 

La fonction hitpa'el

 

C'est l'action pronominale, réflexive, faite sur soi-même. Se laver, s'habiller, etc...

 

Le modèle générique de base du hitpa'el est le suivant:

 

forme conjuguée

infinitif

racine

□□□מת

□□□להת

√□□□

i, a, è

é, i, a, è

 

 

Quelques exemples avec des racines déjà vues:

 

sens

forme conjuguée

infinitif

racine

s'habiller

מתלבש

להתלבש

√לבש

se laver

מתרחץ

להתרחץ

√רחצ

correspondre

מתכתב

להתכתב

√כתב

s'élargir

מתרחב

להתרחב

√רחב

 

Remarques:

1/ Quelques racines "à deux lettres" trouvent des applications au hitpa'el après modifications notables: vav ajouté, doublement d'une des lettres de la racine.

להגן donne להתגונן

לגור donne להתגורר

2/ Le hitpa'el accepte volontiers les racines de quatre lettres.

 

la fonction pi'el

 

La fonction pi'el

 

C'est le groupe le plus difficile à définir car de nombreuses racines qui trouvent une expression au pi'el forment des verbes qui ne se distinguent pas vraiment du pa'al du point de vue de l'action.

exemple: לספר, לדבר

Certaines racines qui ont une acception au pa'al et au pi'el sont employées indistinctement dans l'une ou l'autre forme sans que cela affecte la nature de l'action.

exemple: אני פוחד, אני מפחד

Dans la règle, le pi'el sert à exprimer une certaine intensité d'action, où le caractère général, coutumier, voire systématique de l'action.

C'est aussi le groupe dont la construction grammaticale est la plus simple.

 

Modèle générique de base du pi'el:

 

forme conjuguée

infinitif

racine

□□□מ

□□□ל

√□□□

é, a, è

é, a, è

 

 

Quelques exemples:

 

sens

forme conjuguée

infinitif

racine

parler

מדבר

לדבר

√דבר

recevoir

מקבל

לקבל

√קבל

raconter

מספר

לספר

√ספר

démonter

מפרק

לפרק

√פרק

promouvoir

מקדם

לקדם

√קדמ

 

L'action des verbes sus-cités ne se distingue pas de verbes construit au pa'al, mais il existe une nature de l'action spécifique au pi'el. Il s'agit d'une action comprise comme habituelle même si au moment où on en parle, le sujet n'est justement pas en train de faire la chose.

exemples:

La racine אספ donne au pa'al le verbe collecter, ramasser. (לאסוף)

Si je demande aux élèves de ramasser les papiers par terre ou aux enfants de réunir les couverts après un pique nique, j'emploierai ce verbe au pa'al pour décrire une action faite par les sujets ponctuellement, au moment ou j'en parle. Il n'est pas dans les attributions habituelles des élèves de ramasser les papiers ni des enfants de débarrasser le couvert.

הילד אוסף את הכלים   l'enfant ramasse les couverts

Par contre, si je décris l'action du bus de ramassage scolaire, dont c'est la fonction unique et quotidienne, j'utiliserai la même racine au pi'el. לאסף.

האוטובוס מאסף את תלמידים  l'autobus ramasse les élèves.

J'emploierai ce verbe au pi'el même si, au moment où j'en parle, l'autobus est à l'arrêt et ne ramasse rien du tout...

De même, le verbe aller à pied ללכת sera utilisé au pa'al pour une action au moment ou je la décris:

אני הולך הביתה  je vais à la maison

Si maintenant je parle de quelqu'un de très cultivé en disant de lui: "c'est un dictionnaire ambulant", c'est à dire qui marche, j'emploierai la même racine הלכ dans sa version pi'el. להלך, מהלך. et je dirai: הוא מילון מהלך pour signifier qu'au moment où j'en parle, la personne en question peut très bien être assise mais que d'ordinaire, elle est comme un dictionnaire "qui marche".

 

autres exemples d'utilisation du pi'el:

pi'el

pa'al

racine

לגדל

לגדול

√גדל

élever, faire pousser

grandir

 

 

pi'el

pa'al

racine

לשמר

לשמור

√שמר

conserver (en boite)

garder

 

 

Remarques:

1/ Certains pi'el subissent des modifications avec un vav ajouté entre la première et la deuxième radicale.

2/ Autant la nature de l'action liée au pi'el est délicate à expliquer, autant son modèle de construction est simple.

3/ Le pi'el accepte volontiers des racines à quatre lettres.

4/ Le pi'el est le groupe qui généralement accueille des racines d'origine latine, notamment dans le vocabulaire moderne. (ex. לטלפן  téléphoner)